Deux enfants assis par terre construisant ensemble une tour de cubes, dans une chambre lumineuse et chaleureuse.
Grandir avec les autres

Jouer ensemble sans se disputer (frères, sœurs, amis)

Auteur : l'équipe Tilibou · Dernière révision : juin 2026 · Lecture : 6 min

« C'est à moi ! » « Non, c'est à moi ! » Trente secondes de jeu, puis le même cri qui vous fait lever les yeux au ciel. Les disputes pour un jouet, c'est le quotidien des fratries et des copains de cet âge. Et c'est aussi, paradoxalement, la meilleure école pour apprendre à vivre ensemble. Voici des pistes simples pour des jeux un peu plus paisibles.

Pourquoi ils se disputent autant

Avant 5 ou 6 ans, attendre son tour et partager sont des compétences en pleine construction. L'enfant vit dans l'instant : ce qu'il veut, il le veut maintenant, et l'idée de patienter ou de céder ne lui vient pas naturellement. Ce n'est ni de l'égoïsme ni de la méchanceté, juste un cerveau encore jeune.

Naître et grandir rappelle que le partage s'apprend progressivement et qu'il est normal qu'un jeune enfant ait du mal à prêter ses jouets. Se mettre à la place de l'autre, comprendre qu'il a, lui aussi, envie du même camion, demande une maturité qui arrive petit à petit. Les disputes ne sont donc pas le signe d'un problème : elles sont le terrain d'entraînement.

Bonne nouvelle dans tout ce vacarme : c'est précisément en se chamaillant, puis en cherchant des solutions, que les enfants apprennent à coopérer, à négocier et à se réconcilier. Chaque dispute réglée est une petite leçon de vie en société. Votre rôle n'est pas de supprimer les conflits, mais d'aider à les traverser.

Le tour de rôle, votre meilleur allié

Quand deux enfants veulent le même jouet, la notion de « chacun son tour » est magique, à condition de la rendre concrète. Un enfant de cet âge a du mal avec l'abstrait, mais il comprend très bien « c'est ton tour, puis ce sera le sien ». Rendez le partage visible et tangible.

Quelques façons d'installer le tour de rôle sans drame :

  1. Utilisez un repère clair pour marquer les tours : une chanson, un sablier, le tour d'un jeu. « Quand la chanson est finie, on échange. »
  2. Annoncez la transition à l'avance : « Bientôt ce sera le tour de ta sœur. » Le prévenir évite l'arrachage brutal.
  3. Félicitez quand ça marche : « Vous avez réussi à vous prêter le ballon, bravo ! » Ce que l'on souligne se reproduit.
  4. Acceptez qu'un jouet trop précieux soit mis de côté avant la visite d'un copain. Tout n'a pas à être partagé.

Le partage forcé, lui, marche rarement. Arracher un jouet des mains de l'un pour le donner à l'autre apprend surtout la loi du plus fort. Mieux vaut accompagner : « Il joue encore un peu, et après ce sera ton tour. » On respecte ainsi celui qui a le jouet tout en rassurant celui qui attend.

✦ À écouter ce soir

Les histoires Tilibou

Nos héros apprennent eux aussi à partager, à patienter et à se réconcilier après une chamaillerie. Des histoires du soir tout en douceur, parfaites pour reparler de la journée au moment du câlin.

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Des règles simples, posées au calme

Les meilleures règles ne s'inventent pas en pleine dispute, quand tout le monde crie. Posez-les à froid, dans un moment tranquille, avec des mots que l'enfant peut retenir. Deux ou trois règles suffisent : « On ne tape pas. On demande avant de prendre. Quand on a fini, on passe le tour. »

Formulez-les de façon positive et concrète. « On joue chacun son tour » est plus parlant que « ne sois pas égoïste ». Et plus les règles sont courtes, mieux elles tiennent. Vous pouvez même les rappeler avant de commencer à jouer, comme un petit rituel : « On se souvient des règles ? »

Quand une dispute éclate malgré tout, restez le plus calme possible. Si vous criez, vous ajoutez de la tension à la tension. Descendez à leur hauteur, nommez ce qui se passe (« Vous voulez tous les deux la voiture rouge ») et invitez-les à chercher une solution. Souvent, les enfants en trouvent une eux-mêmes si on leur en laisse l'occasion.

Après la dispute : réparer plutôt que punir

Une fois l'orage passé, le plus utile n'est pas de chercher un coupable mais d'aider à réparer. « Ta sœur est triste, qu'est-ce qu'on pourrait faire pour arranger ça ? » On apprend ainsi à l'enfant que ses gestes ont un effet sur les autres, et qu'il peut agir pour réparer. C'est bien plus formateur qu'une punition.

Évitez de forcer les excuses du bout des lèvres, qui ne veulent pas dire grand-chose. Mieux vaut encourager un geste sincère : un câlin, un jouet rendu, une attention. Et si vos enfants se disputent souvent entre eux, rappelez-vous que c'est normal dans une fratrie, et que ces frictions leur apprennent aussi à s'aimer et à se défendre. Avec le temps, et beaucoup de patience, les jeux deviennent peu à peu plus paisibles.

Les questions que vous vous posez

Mes enfants se disputent tout le temps, est-ce normal ?

Oui, les chamailleries sont très fréquentes avant 5 ou 6 ans, car attendre son tour et partager s'apprennent petit à petit. Comme le rappelle Naître et grandir, il est normal qu'un jeune enfant ait du mal à prêter ses jouets. Ces conflits, une fois réglés, aident à apprendre à coopérer.

Faut-il obliger mon enfant à partager ses jouets ?

Le partage forcé fonctionne rarement et apprend surtout la loi du plus fort. Mieux vaut accompagner avec le tour de rôle : « Il joue encore un peu, et après ce sera ton tour. » Certains jouets très précieux peuvent même être mis de côté avant la visite d'un copain.

Comment réagir quand une dispute éclate ?

Restez le plus calme possible, descendez à leur hauteur et nommez ce qui se passe. Invitez-les à chercher une solution ensemble : souvent, les enfants en trouvent une si on leur en laisse l'occasion. Après coup, aidez à réparer plutôt qu'à punir.

Bon à savoir. Cet article est informatif et ne remplace pas l'avis d'un professionnel. Les disputes pour un jouet et les chamailleries de fratrie font partie du développement normal de l'enfant. Si les conflits deviennent très violents, fréquents au point de vous inquiéter, ou s'accompagnent d'une grande détresse, parlez-en à votre médecin, à votre pédiatre ou à l'équipe de l'école.
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Écrit par l'équipe Tilibou. On fabrique des histoires du soir pour les 3-7 ans, et on lit beaucoup pour rester juste. Nos articles citent des sources de référence ; ils ne remplacent pas un professionnel de santé.
Sources. Naître et grandir, « Le partage chez l'enfant » (naitreetgrandir.com) (lien) · Naître et grandir, « Les conflits entre frères et sœurs » (naitreetgrandir.com) (lien) · mpedia.fr / AFPA, « Les disputes dans la fratrie » (mpedia.fr) (lien).